(Humble) critique du film Muse

18 juillet 2018 0 Par Hematie

Bonjour,

 

Étant un très grand fan de Muse, imaginez-vous mon excitation à l’annonce d’un film sur leur tournée 2015/16/17 : Drones World Tour ! J’ai d’ailleurs pu aller les voir 2 fois cette année-là : la première fois à Bercy et la seconde fois sur le champ de Mars.

Je me voyais déjà revivre leurs concerts confortablement installé dans un bon fauteuil de cinéma. Oui, mais. Il y a bien sûr un « mais » ! Mettre en format film une tournée est quelque chose de très compliqué (de mon point de vue). Ils ont déjà sorti des DVD pour certains concerts mais il ne s’agit pas d’une seule et même date ici mais bien d’une tournée complète.

A la fin du film on nous indique qu’en fait seulement 3 villes (possiblement plusieurs dates par ville) ont été utilisées pour le film à savoir :

Attention petit spoiler

Amsterdam, Berlin, Milan

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On pourrait croire que cela réduit le risque de se planter. Oui, en effet, plus on diminue les itérations de concerts plus on diminue la probabilité de faire quelque chose de mauvais. Cependant, ce n’est pas parce que la probabilité est en baisse (voir faible) que le risque zéro n’existe pas. Vous me suivez ?

Oui, c’est gagné, en plein dans le mille. C’est mauvais. Alors attention, c’est un avis personnel néanmoins j’essaie toutefois d’être le plus objectif possible (dans la mesure du possible).

 

Attention la suite de l’article comportera beaucoup de spoilers !

Attention gros spoilers !

Commençons par le commencement. En guise d’ouverture on a le droit à des images live au ralenti avec successivement les voix de Matthew Bellamy, de Dominic Howard puis de Christopher Wolstenholme. Ils nous racontent succinctement le thème de la tournée et leur ressenti.

Débute ensuite l’intro du concert, avec la fameuse Drones Intro. Là, rien à dire. L’ambiance générale est respectée, que ce soit musicalement ou visuellement. Quand on a assisté à un concert de cette tournée où que l’on l’a regardé sur le net on n’est pas dépaysé, on a même l’impression de le revivre. Les frissons sont là.

 

Ensuite et c’est quelque chose que j’attendais et bravo à eux d’avoir pu le montrer, c’est l’arrivée de Matt et Chris. On les voit émerger du sol au moyen d’élévateurs, dans la pénombre. Le public et le spectateur savent qu’ils arrivent, mais le suspense est à son comble quand même. On ne voit pas (du moins je ne l’ai pas vu) l’arrivée de Dom et puis bien sûr pas non plus celle de Morgan Nicholls.

(Pour ceux du fond qui roupillent, Morgan Nicholls est un musicien indépendant collaborant avec Muse pour leurs concerts depuis 2004, il joue de plusieurs instruments (variant selon les morceaux) pour éviter que Muse utilise trop de pistes préenregistrées. Il n’est cependant pas membre officiel du groupe)

 

Les dernières notes et vocaux de l’intro s’estompent et après une à deux secondes de suspense, c’est Matt qui enflamme tout avec les premières notes de Psycho (c’est une de mes préférées d’ailleurs) éclairé comme si la lumière venait du ciel à travers un petit carreau (on excusera le manque de culture sur ce point de ma part : je n’ai pas trouvé de façon plus simple à expliquer et mon ami Google n’a pas réussi à me renseigner)

Ses compères se joignent au morceau rapidement et on est tout de suite dedans. Il faut dire que Psycho fait le café en tout début de concert.

 

C’est à partir de là que les choses se gâtent. Étant donné qu’on est « dans » du rock (oui, c’est filmé en gros plan pour la majeure partie du film et ça donne l’impression d’être « dedans »), on s’attend à ce que ça bouge, du côté du public comme des musiciens. On s’attend à vivre le concert.

Alors, oui ça bouge c’est indéniable mais c’est surtout la caméra qui bouge. Je m’explique :

Les plans sont ultra-courts. Je me suis amusé à compter lors d’un morceau, et ce n’était jamais plus de 2 secondes le plan. Sur un morceau de 4min soit 240 secondes quand tu te prends 120 plans ça fait beaucoup. Par exemple sur Psycho, on alterne (entre autres) des plans d’une caméra fixé en bas de la guitare de Matt, une sur Dom, une sur Chris, on nous montre Morgan aussi parfois mais également une caméra sur Matt, plusieurs sur le public… mais en général pas de plan large (ou alors ultra court). De plus, on a été rajouter des « effets de déplacements » (je ne connais pas le terme technique) sur beaucoup de plans, c’est-à-dire qu’une fois qu’on a en visu la tête de Chris par exemple, et bien la caméra va bouger complètement (sans flou) c’est-à-dire que sa tête étant en bas à gauche de l’écran va se retrouver en haut à droite. Alors techniquement c’est bien réalisé (on voit bien que c’est fait par ordinateur et pas par le cadreur) mais ça ne donne pas un bon rendu (du moins pour moi). On abuse beaucoup des effets spéciaux en général en sachant qu’il y en a déjà dans les concerts en eux-mêmes.

 

Ensuite, et là je ne vais surprendre personne, les faux raccords. Bah oui, on filme un seul et même objet mais sur plusieurs jours différents, forcément que des faux raccords, il va y en avoir pléthores.

C’est gagné ! C’est même carrément un festival ! Une guitare qui apparaît dans le dos de Matt pour disparaître dans le plan suivant est le meilleur exemple. C’est tellement gros que je pense qu’ils ont fait l’impasse totale sur la gestion des faux raccords. Le fait de mettre à l’image une tournée étant ce que c’est, on sait que des faux raccords il va y en avoir, alors autant en faire abstraction. Oui d’accord mais pour le spectateur c’est très, très (très ?) gênant.

 

Les transitions entre les morceaux ne sont pas très bien gérées je trouve, surtout la transition post Psycho. Le son de manière général est bon mais ne colle pas à l’image. C’est complètement différent d’un concert que vous verriez sur YouTube. Étant un grand consommateur de concerts entiers sur cette plateforme, je suis très attentif à l’image et au son en même temps. Je ne suis pas musicien même si j’ai déjà joué de plusieurs instruments étant très jeune mais étant fan de musique (et surtout de rock) je sais à peu près reconnaitre à l’image et au son si ce que je vois est plutôt correct ou pas. C’est-à-dire, même sans connaitre les accords d’une guitare je pense connaître un peu son fonctionnement général et quand je vois certains positionnements des mains sur ladite guitare je pourrais éventuellement reconnaître que le son entendu n’est pas celui qu’il devrait être. Je parle surtout en termes de rythme et d’aigu/grave. C’est la même chose pour une batterie.

Donc ici, le son ne colle en général pas. On n’a pas l’impression que ce soit la bonne image ou qu’elle soit bien calée avec le son. De plus, à des moments on va avoir un son typique concert (bruits du public, son non nivelé) alors qu’à d’autres moments on part plutôt sur un son typiquement studio (son très « limpide », public absent). C’est assez déroutant, surtout pour moi qui préfère les versions live en général, d’autant plus avec Muse où leurs live sont (toujours à mon sens) toujours de meilleure qualité que leurs versions studio.

 

Les premières notes d’harmonica par Chris résonnent annonçant Knights of Cydonia. C’est déjà l’heure de se quitter ? Eh bien oui ! Pour ceux qui ne le savent pas, Muse a pour habitude depuis quelques années déjà de quasiment toujours terminer leurs concerts par cette chanson. L’intro à l’harmonica annonce le début de la fin en quelque sorte.

 

Un rapide générique avec quelques images de la fin de concert et on arrive à la scène post-générique. Ils avaient demandé de ne pas quitter la salle avant la toute fin du film car il y aurait une scène post-générique. Cela étant dit, j’aurais attendu par moi-même la toute fin car c’est bien leur genre de faire ce genre de chose (à l’instar des films Marvel).

Les trois principaux protagonistes se retrouvent face caméra, nous sortent quelques mots en nous annonçant leur nouveau titre : Something Human. Ils nous disent qu’ils sont vraiment contents de partager ça avec nous. Ah bah chouette alors, on a le droit au clip du nouveau single avant tout le monde, ça c’est chic. Et bien que nenni, on vous la met bien profond (je n’ai pas d’autre mot), on a le droit à une scène de nuit dans le désert avec un joli « tumbleweed », surement la voiture de Thought Contagions et un des gars de dos avec ce qui semble un casque VR sur les yeux, relié à la voiture. Une petite musique de fond aussi. Le tout dure quelques secondes. Ensuite ? « Sortie le 19 juillet » puis plus rien, les lumières se rallument dans la salle. Alors là ce fut la déception dans tout le public ! « Ah les bâtards ! », ouais ça résume bien ce que j’ai pensé à ce moment-là, madame.

 

Pour ce qui est de la set-list du film, la voici :

  • Drones
  • Psycho
  • Reapers
  • Interlude
  • Hysteria
  • Vuilstamen riff
  • Dead Inside
  • The Handler
  • Supermassive Black Hole
  • Prelude
  • Starlight
  • Madness
  • Time Is Running Out
  • Uprising
  • The Globalist
  • Drones
  • Take A Bow
  • Mercy
  • Man with harmonica + Knights of Cydonia

 

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Je félicite les courageux qui sont arrivés jusqu’ici en ayant tout lu, je tiens à préciser que je brûlais d’écrire ceci en sortant du cinéma, j’ai néanmoins attendu le lendemain après une nuit de sommeil, afin d’appliquer le principe « ne jamais réagir à chaud ».

A vous de vous faire votre propre avis !

Hematie